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Du sommeil au réveil il n’y a souvent qu’un pas - et pour des drogués du Camino de mon espèce la tentation est toujours présente…
Comment pourrait-il en être autrement ? Que faire après avoir durant sept ans bourlingué sur tous les chemins de France, de Navarre, de Castille et de Galice et consacré quelques temps libres à rendre l’hospitalité reçue…
Comment redevenir un touriste ordinaire parmi des touristes ordinaires dans des lieux qui ne le sont pas moins ? Ce n’est pas possible…
Même si l’on sait d’avance que ce ne sera plus comme à la première fois, ni comme au dernier Camino et que les cartes sont de plus en plus faussées par un tas de tricheurs qui vont nous gâcher le plaisir - même avec nos rancœurs et notre incapacité à écarter les « touristes » du chemin des étoiles ! Même si on sait qu’il faudra fermer les yeux sur tous les « thénardiers » du « Camino BAR » !
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Je suis donc retourné pour la sixième fois à Santiago de Compostelle ce dernier été !
Par l’autoroute des pèlerins - l’incontournable Camino Frances - de Saint Jean Pied de Port à Santiago
Marcher après quoi ? après tout ou rien ? je ne sais..
Et malgré mes appréhensions ce fut merveilleux !
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Que du bonheur !
Par ailleurs, coté originalité de l’année, une véritable invasion d’asiatiques, chinois, japonais et surtout sud coréens, au point que j’ai pratiquement partagé la vie de ces ambassadeurs du soleil levant tous les soirs.
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Ces gens d’une autre culture et d’une spiritualité non affichée, ont un art de vivre en commun inégalable et que j’ai rarement constaté parmi les nombreuses ethnies rencontrées dans la promiscuité et la précarité, pour pas dire l’insalubrité, de beaucoup de refuges espagnols.
Ce qui nous fait oublier nos tendances à trop se méfier de l’autre, culturellement et physiquement différent . Bref on est raciste qu’avec ceux qui le sont.
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tout ceci pour vous expliquer ( encore ) pourquoi ce chemin finit par vous coller à la peau - même si votre vie vous a apporté d’autres émotions fortes.
Je continue donc mon chemin - on est jamais au bout.
La voie de Vézelay me manque aussi parfois - je visite périodiquement le site - et navigue sur les forums des autres sites - et il ya le choix…
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Je lis, par curiosité, les abominables litanies des faux et vrais pèlerins qui étalent leur littérature dans certaines colonnes…
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J’ai vu que coté guide jaune Chassain, vous avec mis un suivi informatique - et je peux vous dire que de toutes évidences et de paroles de bon nombre de pèlerins, rencontrés en Espagne cette année et venant de Vézelay , il reste le meilleur outil du chemin.
Je n’aurais peut-être pas dû ? mais cela a été plus fort que moi ! Je me suis surpris à m’emporter rudement avec un pèlerin (…) qui mettait l’organisation de la voie de Vézelay plus bas que terre, à qui voulait l’entendre…sur le chemin espagnol.
Ce monsieur disait avoir été mal reçu en divers endroits.. après lui avoir rappelé tout ce que supposait comme bonnes volontés le balisage, l’hébergement, la promotion d’un chemin etc., je lui ai dit qu’on attendait que lui pour venir démontrer ce qu’il fallait faire et savait faire…. pour être à son goût !
Inutile de vous dire que ce triste sire a pris la poudre d’escampette sans demander son reste…
Je ne sais pas comment ont évolué les choses cette année sur la voie de Vézelay par rapport à ces personnages indésirables.
On ne changera pas le genre humain - les dérives constatées dans le petit monde jacquaire émergent aussi ailleurs dans tout le tissu associatif
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Le problème est de trouver des parades, des systèmes, des stratégies pour éviter de dénaturer des projets portés par des bénévoles passionnés et désintéressés, et ce n’est pas chose simple…
Je continue donc de me poser des questions sur ce que nous n’avons pas fait, sur ce qu’il faudrait faire pour écarter les indésirables ou du moins pour en réduire le nombre.
En Espagne, surtout sur les dernières étapes, j’avoue avoir été surpris par le nombre de personnes qui ne sont que des touristes jouant aux pèlerins et de toutes nationalités confondues - J’ai eu honte de nos propres concitoyens - des voitures immatriculées dans nos départements garées sur les parking non loin des refuges - plein à craquer de touristes à coquilles… et aussi de voitures remplies de sacs à dos et de nombreux pèlerins descendant des bus…
Que faire.. j’ai entendu parler que les espagnols envisageaient de rallonger l’obligation du parcours pour l’obtention de la Compostella ? je doute fort du résultat…pour beaucoup cela ne fera que quelques kilomètres de voiture ou de bus en plus.
L’octroi de la credencial n’est plus non plus garant de la qualité du pèlerin . On trouve le sésame pour quelques timbres poste (…) ou sur des comptoirs d’office de tourisme et dans beaucoup d’assos jacquaires plus soucieuses de faire un adhérent que de mettre en chemin des vrais porteurs de projets jacquaires. Ce document n’a plus qu’une valeur symbolique - un bout de carton obligatoire et à acheter pour pouvoir accéder à un hébergement bon marché - rien de plus pour la plupart des promeneurs à coquilles.
Le cyclisme a aussi envahi d’une manière arrogante ce chemin historiquement terrain de marcheurs.
Je me suis fait bousculer deux fois dans des descentes par des cyclistes furibonds qui prennent les sentiers pour des pistes de raid de VTT.
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Personnellement je reste convaincu que l’on a fait trop au niveau de la qualité de l’hébergement.
Ne parlons pas du chemin du Puy où depuis longtemps à part quelques résistants on est davantage dans le régime auberge avec bonnes tables du terroir que dans ce qu’on peut appeler un refuge au sens propre du terme (lieu pour se mettre à l’abri que dit le dictionnaire !)
Parlons des autres chemins et de Vézelay où le président JG est obligé d’écrire en caractères gras sur le site de l’asso de Vézelay, que son asso n’est pas mercantile et que les coquilles en bronze ne sont pas à vendre ! Même là on est arrivé à devoir justifier un bénévolat indiscutable ! C’est désolant…
Le bénévole est-il devenu quelqu’un de douteux en se transformant en père aubergiste dans des refuges devenus trop confortables ?
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Trop de gens ont découvert un moyen pas cher de prendre quelques jours de vacances en accrochant une coquille à leur sac à dos - certains n’étant même pas capables de marcher avec un sac à dos ni de prétendre avaler des milliers de kilomètres.
Ce qui en dehors de toutes considérations culturo-spirituelles est quand même une incontournable obligation - une des règles primordiales du jeu.
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La grandeur de Compostelle est pour beaucoup qu’il y ait de tout ! qu’il n’y ait pas de profil de pèlerin type ! Cela est généreux, mais à ce jeu du plus tolérant que moi, tu meurs, on est arrivé à tout et à n’importe quoi.
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Pour vivre autre chose - dans un un ailleurs exigeant - spartiate - comme l’était j’imagine la condition du pèlerin d’antan - Je n’ai pas besoin d’une auberge mais seulement d’un refuge… d’un toit - d’un endroit pour dormir - fusse t-il un plancher - et d’un coin pour confectionner et partager un repas frugal - le pain et le vin avec d’autres compagnons venus aussi vivre autre chose, venus aussi vivre autrement - pour mieux sentir l’essentiel de la vie - loin du tourisme ordinaire… programmé - sans contrainte d’intendance - avec un tas de boys serviables et corvéables à souhaits.
Ces lieux, ces moments que j’ai souvent cherchés et trouvés hors du catalogue des auberges de tous acabits, se font de plus en plus rares… en France comme en Espagne - mais on en trouve encore et cela fait oublier le reste…
Ils m’ont laissé des souvenirs impérissables parmi mes meilleurs souvenirs de chemin.
Mais tout cela n’est que du rêve…. c’est imaginer une marche de l’histoire à contre sens…
C’est imaginer qu’on pourrait revenir aux fondamentaux de cette épopée spirituelle, culturelle qui sied bien au grand marcheur, ceux du septième ciel, comme les nommait lyriquement Lanzmann - cette autre Jacques iconoclaste de la caste des pedestrians.
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Je vous souhaite UNE BONNE ET FRUCTUEUSE ANNEE 2011